A propos de 100 Notions

Professeure émérite en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Titulaire de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)
Enseignant chercheur en Sciences de l’Information, Communication de l’Université Paris 8. Membre de la Chaire UNESCO ITEN (Innovation, Transmission, Edition Numériques)

Pour répondre aux défis scientifiques, sociétaux et économiques de la transition numérique dans différents secteurs d’activité, la collection « 100 notions » des Editions de l’immatériel en collaboration avec la Chaire UNESCO Innovation Transmission et Edition Numériques (Université Paris 8 et Fondation Maison des Sciences de l’Homme) met à disposition des acteurs académiques, des entrepreneurs et des usagers un outil collaboratif, actualisable en continu de coconstruction thématique.

Généralisation du numérique dans les activités professionnelles et dans les métiers

Nous vivons déjà depuis plusieurs années trois types de mutations profondes et articulées entre elles : les mutations technologiques, sociétales et économiques. L’ensemble des secteurs d’activité sont touchés par la pénétration massive du numérique et les métiers sont en demeure d’évoluer, certains radicalement. Les secteurs historiques de l’information, communication : la presse papier (journaux), la télévision, la radio et même Internet, se sont adaptés à l’arrivée de la mobilité (avec les smartphones), de la tactilité (avec les ipad et les reader). Ces mutations obligent les différents acteurs du secteur de l’information communication à s’organiser différemment et à mettre en place les logiques éditoriales les plus pertinentes, innovantes et attractives pour capter des usagers, attirer ou conserver des annonceurs versatiles et proposer de nouveaux services dans des stratégies crossmédia. D’autres secteurs pour lesquels le numérique n’apparaît pas comme un vecteur déterminant de transformation sont néanmoins bouleversés en profondeur. Les métiers de l’art et de l’artisanat commencent à connaître avec la pratique des outils de modélisation 3D et avec l’assistance par ordinateur généralisée une transformation des modes de production, la relation au client, le e-commerce et les logiques de personal branding individualisent et globalisent la création et ces métiers sont repensés dans des stratégies qui valorisent la créativité comme un vecteur de développement économique notamment avec la blockchain et les jetons non fongibles (NFT). Les métiers de l’industrie et de l’ingénierie, parmi les premiers à avoir connu l’impact de l’informatique dans leur système de production, sont aujourd’hui confrontés à l’arrivée des objets communicants, aux progrès de l’intelligence artificielle et à la sophistication des systèmes robotiques. Des métiers comme ceux du commerce et de la vente subissent ou profitent de la dématérialisation des points de vente et des nouvelles possibilités d’analyse et de gestion de la clientèle dans ce contexte de commerce omniprésent et géolocalisé. Ces métiers sont confrontés directement à l’importance prise par l’expérience usager relayée sur Internet dans l’acte d’achat des autres consommateurs. Les professions libérales doivent elles aussi faire évoluer leurs règles déontologiques avec l’apparition du personal branding, le démarchage sur le web et de services payants sur Internet, l’accès généralisé aux bases données rend publiques des informations qui n’étaient généralement accessibles qu’aux professionnels, de nombreux services sont automatisés et les intermédiaires de confiance sont remis en cause par de nouvelles pratiques. D’autres métiers comme ceux de la santé expérimentent des nouvelles méthodes qu’il s’agisse de la gestion administrative et thérapeutique du malade, de la consultation dématérialisée du généraliste, des forums de santé ou de la pratique numériquement augmentée du chirurgien croisant robotique et intelligence artificielle. Tous ces métiers s’organisent pour intégrer de la manière la plus adaptée ces technologies de l’information communication. Ces technologies imposent une grande réactivité de la part des acteurs et en conséquence une mise à jour constante des contenus et modalités d’enseignement.

Mutations des contenus, mutations des méthodes de transmission par le numérique :

Les mutations des contenus d’enseignement sont consubstantielles des mutations des métiers. Ils restent néanmoins complexes de définir ces nouveaux contenus, savoir et savoir-faire à transmettre et de les penser de manière prospective et pragmatique. Comprendre comment s’exerce concrètement les métiers d’aujourd’hui, comment ils sont en train d’évoluer, quels sont les éléments déterminants de leur transformation, pouvoir profiler les métiers de demain et d’après-demain, constituent en quelque sorte des préalables à l’enseignement lui-même. La veille des secteurs d’activité doit devenir un préalable incontournable des apprentissages : penser de manière collaborative, en associant les apprenants au décryptage des transformations à l’œuvre : quelles soient scientifiques, technologiques, économiques ou sociétales. Par ailleurs de nouvelles modalités de transmission par le numérique sont à mettre à l’œuvre pour mobiliser durablement les nouveaux profils d’apprenants, les digital natives rompus aux multitâches. Les processus pédagogiques issus des écoles de pensée pédagogique en particulier celles liées aux méthodes actives déjà éprouvés trouvent leurs équivalents en termes de procédures interactives. Elles conviennent aux appétences de ce public qui a le gout d’être acteur de son apprentissage. Scénariser les enseignements, introduire de l’esthétique, de l’attractivité, du jeu dans les logiques d’apprentissage, utiliser les potentialités interactives des NTIC, simuler des situations, créer des univers virtuels immersifs, favoriser l’expérimentation constituent les paramètres obligés de ces nouveaux programmes. Des habitudes d’apprentissage sur les forum ont été prises, des tutoriels de transmission de technique généralement pour l’apprentissage de logiciels et de langages de programmation se sont développés et aujourd’hui de nouveaux outils de transmission et dispositifs pédagogiques numériques dans de nombreux disciplines et métiers se mettent en place avec les MOOC (Massive OpenOnline Course) et les plateformes de coconstruction de savoir. Dans cette logique le projet de la collection 100 notions met à disposition des entreprises comme des structures d’enseignement un outil de collaboration et coconstruction.

La collection « 100 notions » des Editions de l’Immatériel, présente différents ouvrages conçus comme des encyclopédies thématiques, collaboratives et participatives, des bases de connaissances scientifiques pluridisciplinaires sur le numérique, organisées sous la forme de notions clés autour de la création, des modalités de production et de diffusion des connaissances des différents secteurs d’activité impactés par le numérique.